« Désolé mais LA DROITE ce n’est pas l’extrême-droite  ». Par un collectif de sympathisants LA DROITE –

1978. Le Parti Libéral, seul sur l'échiquier politique bruxellois après la scission du PLP/PVV. De 1977 à 1979, Aldo-Michel Mungo est Conseiller Défense Nationale du Président Mundeleer, membre de la Commission permanente de la Défense et des Affaires étrangères du Parti Libéral avec Norbert Hougardy, Paul Hatry et Armand De Decker. – Ici M. Mungo, débout, est avec Yvan Rogen, Gouverneur libéral de la Province du Brabant, Paul Foriers, Recteur de l'Université Libre de Bruxelles et Georges Mundeleer, Député et Président du Parti Libéral.

« 1978. Le Parti Libéral, seul sur l’échiquier politique bruxellois après la scission du PLP/PVV. De 1977 à 1979, Aldo-Michel Mungo est Conseiller Défense Nationale du Président Mundeleer, membre de la Commission permanente de la Défense et des Affaires étrangères du Parti Libéral avec Norbert Hougardy, Paul Hatry et Armand De Decker. – Ici M. Mungo, débout, est avec Yvan Rogen, Gouverneur libéral de la Province du Brabant, Paul Foriers, Recteur de l’Université Libre de Bruxelles et Georges Mundeleer, Député et Président du Parti Libéral. »

Cette phrase est la première réplique adressée à la chargée de la communication du Centre Culturel Quai 10 de Charleroi qui tentait de justifier maladroitement l’annulation arbitraire de la réservation d’une salle de réunion faite par La Droite à l’occasion du lancement de sa campagne électorale le jeudi 19 juillet 2018. Tout bien considéré, cet incident est une aubaine pour dissiper des malentendus tenaces, réfuter une qualification impropre et surtout éclairer l’opinion de manière générale sur une rumeur savamment distillée par des adversaires politiques aux abois.

On prête à Staline cette citation lourde de sens dans le contexte qui nous occupe ici : « Si vous parlez avec un homme de droite, traitez-le de fasciste. Pendant qu’il se justifiera, il n’argumentera pas ! ». Si à Charleroi, les bobos de tous bords semblent bien pratiquer cette maxime stalinienne, il appartient à tout esprit lucide de faire l’effort d’y échapper. C’est tout le sens de l’éclairage qui suit.

Autant le dire tout de go : La Droite (anciennement Droite citoyenne) n’est pas et ne saurait être considéré comme un parti d’extrême-droite. Et elle n’a pas vocation à le devenir. Son Manifeste adopté en 2010 est un plaidoyer libéral sans concession qui annonce la naissance d’un mouvement politique porté par des citoyens excédés de la politique politicienne. La brève histoire de La Droite, son insertion dans le paysage politique, les idées maitresses de son programme politique, le parcours de son président, les éléments de langage utilisés, le profil sociologique de ses membres, tout le corpus politique de ce parti atteste incontestablement l’idée que La Droite est un parti libéral certainement radical mais en aucun cas proche ou assimilable à l’extrême droite. Des politologues reconnus comme Michel Hermans de l’ULG, Pascal Delwitde de l’ULB et Jean Faniel, Directeur du CRISP (Centre de recherche et d’information socio-politiques) confirment cette frontière du périmètre du paysage politique francophone qui situe La Droite hors du giron des partis d’extrême droite en Belgique francophone (1) (2). C’est également ce qui est clairement affirmé dans une étude du CRISP datant de 2014. (3)

Un projet politique libéral

En réalité, l’histoire de La Droite parle d’elle-même. C’est un parti jeune et plein d’ambition qui est né de la faiblesse et des renoncements propres aux libéraux francophones du Mouvement Réformateur (MR). S’inscrivant en droite ligne de l’héritage idéologique du Parti Réformateur Libéral (PRL) de Jean Gol, La Droite s’affirme comme un parti qui place la citoyenneté au cœur de sa vision politique.

Le projet politique de La Droite est articulé autour des lignes de force suivantes : retour aux valeurs traditionnelles, préservation de l’identité, rejet de l’immigration illégale de masse, lutte contre l’islamisme, réduction générale des taxes et impôts, rigueur et transparence dans la gestion des finances publiques, retour radical de la morale en politique, restauration d’une véritable équité sociale, protection des laissés-pour-compte et rejet complet de tous les abus et privilèges des politiciens professionnels.

Pour ce faire, La Droite entend mettre en œuvre, en urgence, une série de réformes, notamment la réforme fiscale à travers une réduction générale des taxes et des impôts, la diminution des dépenses publiques, la limitation stricte des mandats, la revalorisation de l’enseignement, la rationalisation des intercommunales, l’articulation de la formation et de l’insertion autour des métiers disponibles ou à venir.

Dès lors, l’on est en droit de se demander : qu’est-ce que ces objectifs et actions politiques ont à voir avec l’extrême droite dont les principaux marqueurs idéologiques sont pourtant bien connus : xénophobie, racisme, populisme, application de la peine de mort ? La réponse est claire : rien, si ce n’est le faux prétexte du populisme. Or si pour certains esprits chagrins, les idées de La Droite peuvent paraitre « populistes », pour les cadres de ce parti libéral, elles sont parfaitement nécessaires, opportunes, réalistes, réalisables, finançables. Et La Droite fait la promesse de travailler pleinement à la réalisation complète des engagements pris partout où elle présentera des listes aux élections prochaines.

La fabrication d’un piège par association verbale : « Extrême-Droite »

Assimiler La Droite à l’extrême-droite est donc, de toute évidence, ce qu’il est convenu d’appeler « fakenews », une fausse information distillée par une faune de gauchistes ou encore de « bobos » prétendument néo-libéraux pour qui démocratie est synonyme d’entre-soi. En analysant de près le paysage politique, il apparaît clairement que, en réalité, cette idée « d’extrémiser » La Droite est une opération de désinformation savamment orchestrée qui utilise cette nouvelle trouvaille des partis traditionnels pour empêcher son émergence en tant que nouvelle force politique alternative capable de faire cesser les privilèges et abus politiciens tous azimuts. On instrumentalise une association de mots courants en laissant croire que la mention de « Droite » dans le terme « Extrême droite » signifie automatiquement que « La Droite » est ontologiquement liée à « l’extrême droite ». C’est une technique de communication qu’on utilise pour tromper les citoyens de bonne foi et peu attentifs aux mots et surtout au sens des mots.

Quoi qu’il en soit, ce qui compte pour La Droite, ce sont moins les mots que l’action. Restaurer l’ordre et la justice sociale partout où elle sera présente, tel est le principal mot d’ordre de La Droite. Il est clair que ce profilage de La Droite l’éloigne irrémédiablement des critères de qualification applicables aux partis d’extrême-droite notoirement connus : le Front National par ailleurs représenté au Conseil communal de Charleroi, Nation ou encore le Parti Populaire. Il est d’ailleurs curieux de constater que ces derniers ne sont que très rarement dénoncés et combattus par les partis traditionnels. En fait la raison tient au fait qu’ils ne représentent aucun risque de remise en cause des privilèges de ces derniers, à la différence de La Droite.

De même, l’un des principaux arguments mobilisés sur les réseaux sociaux et par certains médias pour opérer cette grossière assimilation de La Droite à l’extrême-droite consiste à affirmer hâtivement que le Président de La Droite est un ancien du Parti Populaire, afin de mieux l’associer au tournant extrémiste pris par ce parti.
En effet, Aldo-Michel Mungo, un des douze fondateurs de La Droite, est aussi un des fondateurs du Parti Populaire (PP) en 2009. En le soulignant et en le répétant en boucle, on choisit de tronquer la réalité pour trois raisons simples : d’abord Aldo-Michel Mungo a fondé ce parti avec Rudy Aernoudt et Mischael Modrikamen ainsi que cinq autres personnes. Il viendrait à l’idée de quel esprit sensé de considérer Rudy Aernoudt comme extrémiste ? Ensuite, l’aventure du PP n’a duré au total que cinq mois pour Aldo-Michel Mungo (pour plus de 30 ans passés au parti libéral historique), une séquence si courte qu’il est totalement disproportionné voire ridicule de lui coller à vie une étiquette PP ; enfin, la raison même de cette rupture rapide tient au fait que, précisément, Aldo-Michel Mungo a refusé l’orientation xénophobe et raciste que prenait le PP. Ce sont les mêmes raisons qui ont également provoqué le départ de Rudy Aernoudt par la suite. Cette orientation est clairement assumée aujourd’hui par Mischaël Modrikamen, au détriment du projet de mise en orbite d’un nouveau parti libéral-conservateur, censé combler le vide laissé par le glissement du MR vers la social-démocratie.

Aldo-Michel Mungo, une fidélité libérale

Ce qu’on oublie surtout de dire, c’est que, depuis ses premières années en politique, dans les années ’70, Aldo-Michel Mungo baigne dans la famille libérale qui l’a tour à tour conduit à collaborer avec divers responsables libéraux des PVV, PLP, PRL, du Parti Libéral bruxellois et même du PSC (l’ancienne appellation du CdH). Après une longue absence, notamment en raison de nombreux engagements professionnels à l’étranger, Aldo-Michel Mungo renoue avec sa passion libérale, au début des années 2000. C’est ce qui va le conduire d’abord à collaborer avec son vieil ami Daniel Ducarme, amoindri par la maladie, puis à créer un cercle de réflexion politique appelée « La Droite ». Par la suite, après la mésaventure avec le PP, il décide de lancer La Droite Citoyenne, actuellement dénommée La Droite en raison des contraintes liées à la règlementation électorale.

Une dernière chose que l’on semble taire délibérément, ou que certains ignorent, c’est ce qui pousse Aldo-Michel Mungo à créer La Droite. La vérité est que lui et ses amis (nombreux) sont déçus du glissement du Mouvement Réformateur (MR) vers la social-démocratie dans laquelle celui-ci est englué aujourd’hui. Le projet était de procéder à la Renaissance du libéralisme francophone par le biais d’une nouvelle force politique qui réincarne, dans toute leur authenticité, les valeurs libérales, lesquelles ne sont surtout pas à confondre avec les travers habituels du capitalisme. La conviction de Mungo tient de l’idée que c’est avec ces idées libérales que la Wallonie et Bruxelles pourront sortir du marasme actuel. La Droite émerge donc ainsi comme un parti politique jeune mais ambitieux. En tant que tel, il peut aussi avoir les défauts de ses qualités.

Jeunesse, radicalité, risques

Il faut en effet bien reconnaître que La Droite fait aussi ses maladies de jeunesse. C’est ce qui explique que certains de ses membres peuvent parfois faire preuve d’une certaine radicalité dans l’articulation de ces lignes de fond. C’est le cas au sujet notamment de l’islamisme rampant, de l’immigration massive, du dumping social, du discours eurocritique. Mais il ne faut pas prendre la partie pour le tout. Il s’agit bel et bien des accents aigus d’un projet politique conscient de ses responsabilités dont la base libérale est incontestable, eurocritique sans être eurosceptique. Ce projet politique est ouvert, en pleine croissance et profondément tourné vers l’avenir d’un État belge ayant vocation à retrouver la confiance de ses citoyens du Nord et du Sud afin de bâtir une Belgique unie, forte, respectée en Europe et dans le monde.

Il convient également de souligner que La Droite n’est certainement pas un mouvement islamophobe comme certains voudraient le faire croire. Un discours critique sur les dérives de l’islamisme ayant conduit aux excès du communautarisme ou aux pires moments des drames terroristes ne peut pas être considéré comme relevant de l’islamophobie. C’est dans le même sens que La Droite rejette, de manière générale, toute forme de prosélytisme religieux. Le religieux est et doit rester dans la sphère privée. Il appartient aux pouvoirs publics de protéger cette sphère privée de toute intrusion d’où qu’elle vienne dans le cadre de l’application de la laïcité garantie par l’Etat.

Il convient enfin d’indiquer que La Droite n’est pas davantage un mouvement xénophobe qui serait composé de membres majoritairement racistes ou hostiles à l’étranger. En réalité, les membres qui composent ses listes électorales et l’organigramme de ce parti ont des profils divers issus non seulement de toutes les catégories socioprofessionnelles mais aussi et surtout d’origines et de confessions diverses. Les choses sont claires au sein de La Droite : oui à une société multi-ethnique, oui à une société multi-religieuse, et non à une société multi-culturelle.

Le fait de prôner l’intérêt national, précisément d’accorder la priorité aux citoyens Belges, ne signifie en aucun cas être hostile aux étrangers. D’abord le fait d’être belge est un droit. Dès lors, quiconque en remplit les conditions accède à la plénitude des droits de citoyen. Mais ce n’est pas un droit éternel et celui qui ne s’en montre pas digne peut en être déchu dans le cadre de la loi. Ensuite, l’abaissement de la fierté nationale est allé tellement loin dans le renoncement de l’identité qu’il est temps de retrouver la fierté d’être Belge, pas simplement le temps d’une compétition sportive comme ce fut le cas à la coupe du monde de football en Russie. Ce sentiment doit être permanent et animer toutes nos actions et réflexions au quotidien pour retrouver un sentiment patriotique seul capable de motiver les citoyens dans cette nouvelle lutte contre la crise économique et politique qui est en train d’abîmer le projet européen et de déclasser les nations européennes au profit des pays d’Asie, ces derniers étant engagés dans un processus de remplacement de l’Europe dans les premiers rangs de l’ordre mondial.

La Droite, un pari libéral sur l’avenir

In fine, à moins d’être d’une mauvaise foi manifeste ou d’avoir une honnêteté intellectuelle discutable, il est logique de conclure à la suite de ce qui précède que La Droite n’a rien à voir avec l’extrême-droite. Ceux qui persistent dans cette assimilation font probablement de la manipulation politico-médiatique dans le but inavoué non seulement de tromper de nombreux citoyens de bonne foi, mais aussi et surtout d’évincer La Droite en tant que nouvelle force politique qui s’installe progressivement comme la seule alternative crédible à la gouvernance francophone actuelle. A ce titre, ce sont ces détracteurs qu’il faudrait plutôt considérer comme les vrais ennemis de la démocratie. Et il ne serait pas exagéré d’ajouter qu’on pourrait légitimement les soupçonner d’être au service de desseins égoïstes et partisans qui n’ont rien à voir avec l’intérêt général.


(1) http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/jean-faniel-le-centrisme-politique-un-enjeu-a-la-droite-du-mr-51f734e83570ebbf8e025ec6
(2) https://www.rtbf.be/info/societe/detail_qu-est-ce-qu-un-parti-d-extreme-droite-quels-sont-ils-en-belgique?id=8235592;
(3) « Les partis sans représentation parlementaire fédérale », Courrier hebdomadaire du CRISP 2206-2207 (2014) par J. Dohet, J. Faniel, S. Govaert, C. Istasse, J.-P. Nassaux, P. Wynants, 108 p., 2014, en particulier « Les performances des petits partis lors des élections du 25 mai 2014 » par Paul Wynants.

Retour à la page précédente